Qui suis-je ...

Il m'aura fallu beaucoup d'années, de moments de désespoir, de courage aussi, pour me confronter à mes limites dans ma pratique équestre et ma vie, au lieu de m'en détourner par l'accumulation de techniques ... d'observation de mes stratégies de construction de réalités, mon Umwelt*, à la fois singulier et moteur tout comme destructeur à ses heures ... pour comprendre ce que j'apporte avec les chevaux.

Pour moi qui aspirais à me libérer des chaînes du désespoir et du sentiment d'impuissance d'avoir vu mes rêves piétinés et de les avoir abandonnés, tout ce que j'avais connu avec les chevaux aurait dû m'en éloigner définitivement.

 

Et pourtant, les chevaux et l'équitation m'ont sauvée :

  • Les premiers en me guidant vers mon Être, ma source de joie, de foi et de confiance en la Vie.

  • La seconde que j'ai d'abord détestée, rejetée et dont je me suis détournée faute d'avoir rencontré à l'époque des personnes capables de m'apprendre à bouger avec le cheval. Au lieu de ça, elles ont tenté de m'enseigner comment le dominer, le réduire à l'obéissance ... l'illusion du contrôle par la volonté. Or la tension émotionnelle de résistance fige le corps et l'esprit. Les miens et les siens. Aucun fonctionnement avec n'est possible alors puisque je ne peux rien relâcher. Aucun sentiment de sécurité ne peut en émerger ... comme dans la vie.

La recherche d'une relation librement consentie avec le cheval a toujours été au cœur de ma pratique,

quand bien même c'était inconscient au départ.

Sans le savoir initialement, j'avais embarqué pour l'Immram**, le voyage d'exploration de ce que je

crois savoir de moi, puis de découverte de ce que je suis vraiment, pour accéder enfin à la créatrice

en moi, qui voit et énonce l'accomplissement de ses souhaits par la magie de l'inspiration.

​​C'est en revisitant mon histoire avec les chevaux que je me suis rendue compte qu'elle était comme un conte merveilleux qui commence toujours mal et finit bien ...

Ma pratique équestre a débuté à 9 ans en centres équestres tout ce qu'il y avait de plus classiques, et de manière plutôt désastreuse, puis j'ai continué en dehors de tout établissement et en amateur à partir de 17 ans, toutefois le constat était affligeant : j'avais appris à avoir peur tant je ne comprenais pas le cheval, et encore moins ce qui se passait dans mon corps quand j'étais sur son dos ... ce qui me valait une chute par séance, sans gravité physique certes, par contre le trauma émotionnel augmentait

insidieusement en proportion.

 

A part me commander plus ou moins poliment de le faire obéir, personne ne semblait capable de m'expliquer comment trouver l'équilibre dans l'instabilité perpétuelle que je percevais dans le mouvement. Et la façon dont les moniteurs de l'époque n'expliquaient pas concrètement comment réaliser les concepts équestres qu'ils m'engageaient pourtant vivement à faire (de la voix notamment) n'aidait pas à obtenir du cheval quoi que ce soit de cohérent. La conséquence inéluctable était que, comme bon nombre de cavaliers, je finissais vite par être perçue par l'animal comme quelque chose dont il convenait de se débarrasser pour retrouver son intégrité physique et émotionnelle. La sensation d'insécurité qui en découlait était si importante qu'elle affectait mon appétit et mon état physique dès le matin de la séance hebdomadaire. Par conséquent, j'arrêtais quelque part puis recommençais ailleurs au gré des affectations de mon père tous les trois ans. Sans sentir de progression, si ce n'est dans le sentiment d'insécurité qui grandissait allégrement. Aujourd'hui, il est certain que mon élan indéfectible vers l'animal a été bien plus fort que le masochisme de ce monde équestre du "faire à tout prix", toutefois j'ai cru plus d'une fois que cela briserait mon rêve avec les chevaux.

 

Déjà à cette époque, quelque chose en moi refusait d'essayer de forcer le cheval par des moyens que je considérais coercitifs et dont j'étais pourtant sommée d'user pour devenir cavalière. De tout cela, je retire qu'une « attitude cavalière » est bien loin de traduire la considération, l'écoute et l'humilité, des valeurs fondamentales à mes yeux pour la relation que je veux vivre avec le cheval. Plus tard, une fois bien avancée dans le travail personnel de connaissance de moi, je me suis aperçue que cela valait également dans mes relations avec mes semblables. De là à dire maintenant que la relation que l'on entretient avec un cheval exprime la façon d'être en relation en général ... il n'y a qu'un pas que je franchis allégrement tant mon expérience depuis plus de 10 ans à Terre d'illich m'a montré qu'elle traduit véritablement le degré de considération pour autrui, là où les discours restent très incomplets voire illusoires.

 

​                                                        J'ai été longtemps cavalière d'extérieure et randonneuse à cheval, notamment en compagnie de                                                             Sophie Bagniol (l'actuelle présidente du CDTE 56) et de sa jument Vénus.

 

                                                        A cette époque, je me suis beaucoup engagée dans le développement du tourisme équestre

                                                        comme  secrétaire de l'ATEM (association de tourisme équestre du Morbihan) pendant plusieurs

                                                        années.

J'ai fait partie du comité d'organisation de l'inauguration de l'Equibreizh en 1997 (2000 km de sentiers bretons ouverts aux pédestres, vététistes et équestres) et de l'Equirando de Malestroit en 1999. J'ai découvert le TREC (Techniques de Randonnée Equestre de Compétition) vers lequel j'ai eu un véritable élan. J'ai fait des compétitions régionales avec mon petit arabe CHAM EN NESSIM, que j'avais à mes côtés depuis sa naissance et que j'avais spécialement éduqué en même temps que moi pour l'extérieur grâce aux ouvrages de Véronique de Saint-Vaulry qui furent ma bible durant ces années. Hélas, victime d'un accident mortel à l'âge de 6 ans, sa disparition brutale fut un tel traumatisme pour moi que je me suis éloignée définitivement de la rando et du TREC.

Que s'est-il donc passé qui m'a fait vivre ma relation au cheval autrement, monté notamment ?

Au bout de toutes ces années en centre équestre, je n'étais pas parvenue à trouver du sens à être sur le dos d'un cheval.

 

Avoir décortiqué cette équitation dans ses buts et ses pourquoi d'abord, puis dans les ressentis ensuite, m'a emmenée au-delà d'elle. Au-delà de ce que l'on croit être nécessaire pour la pratiquer. A moins que ça ne soit à sa source.

J'ai vécu moi-même ce que l'on s'inflige pour la pratiquer. Et ce que l'on inflige aux chevaux.

C'est ainsi qu'avec CHAM EN NESSIM, mon premier pur sang arabe, j'ai investi l'approche à pied, puis en liberté avec POSCIG : elle répond à mon plaisir de voir évoluer le cheval aussi librement que possible, et la relation nouée est vivante, d'une grande intensité puisqu'elle passe par les ressentis physiques et émotionnels. Elle est également cash et ne permet pas l'illusion : le cheval a envie d'être en relation si je suis intéressante pour lui, avec mes seules qualités humaines. On est loin de rester planté dans le sable à faire seulement tourner le cheval autour de soi.

Cham en Nessim
Cham en Nessim

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Cham en Nessim
Cham en Nessim

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Shadéma, jument lusitano-barbe
Shadéma, jument lusitano-barbe

A Terre d'illich

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Cham en Nessim
Cham en Nessim

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Avec la rencontre de POSCIG, étalon pur sang arabe de 8 ans j'ai continué à explorer la pratique à pied de l'art équestre que j'avais débutée avec CHAM, guidée par Régis, kiné et cavalier amateur fort éclairé dans ce domaine qui m'a fait découvrir une posture qui m'a ouvert des horizons aussi vastes qu'insoupçonnés au départ. D'ailleurs, la rencontre avec POSCIG fut réellement magique alors que rien ne me destinait à avoir un étalon, certainement pas un choix de ma part. Grâce à La Voie des Contes, je sais maintenant que c'est la vie qui l'a placé sur ma route

Le choix d'abandonner définitivement le mors et les fers, symboles à mes yeux d'une équitation de contrainte à sens unique, s'est fait tout naturellement en 2007 et s'est concrétisé très rapidement : le temps de remplacer le filet simple par la bitless bridle du Dr Cook sur la tête du maître et guide hors pair de l'époque, POSCIG. Plus jamais depuis je n'ai remis de mors et pas davantage utilisé le licol éthologique, quelle que soit la difficulté à résoudre.

Après avoir combattu mon histoire pendant des années, aboutissant à en amplifier l'impact limitant sur mon rêve avec les chevaux, je me la suis réappropriée en la revisitant. Aujourd'hui, j'en ai fait ma force et créé mon métier, après avoir visité mes peurs, et consolidé auprès de Christine Agassis (Les Jardins d'Akita) une posture découverte avec CHAM EN NESSIM auprès de Régis, cavalier amateur et kiné.

 

Avoir travaillé profondément sur mon histoire -et continuer à le faire- me permet d'accompagner celles et ceux qui sont coincés dans des histoires traumatiques, comme je l'ai moi-même été.

 

Après avoir rejoint Mireille Dumond en 2007 pour participer à la création de Terre d'illich, je décide fin 2009 de clore vingt deux années d'exercice d'un tout autre métier, l'assistanat de direction, pour poursuivre cette aventure en professionnelle à plein temps en créant mon métier : coach de la relation cheval-humain, avec une sensibilité notoire envers celles et ceux qui connaissent la peur avec le cheval et veulent prendre le temps de le rencontrer autrement que dans les circuits classiques qui, comme pour moi,  ne répondent pas à leur désir de rencontrer l'animal cheval et non l'animal utilitaire pour faire de l'équitation.

 

Co-créatrice de l'approche appelée L'Equitude®, coach de la relation cheval-humain depuis 2008, j'ai accompagné plus de sept cents personnes sur ce chemin, que l'envie soit motivée par un traumatisme à transformer, la peur de l'animal à dépasser, par la recherche d'une pratique équestre véritablement coopérative dans la recherche du mouvement libre ou à reprendre les rênes de leur vie.

Initiée à La Voie des Contes par Jean-Pascal Debailleul, j'ai très vite eu conscience que les contes en question n'avaient strictement rien à voir avec Disney. Au contraire, ils racontent des clés de sagesse très anciennes qui conduisent à la résolution des problématiques de notre vie (personnelles et professionnelles) par les coincidences au lieu de passer par la volonté propre : nous fonctionnons alors dans une ampleur sans égale en appui sur la structure d'un processus créatif : l'économie de l'Être.

C'est ce processus créatif dont les chevaux sont les instances féériques que je vous propose d'explorer et d'apprivoiser dans La Rencontre en Vérité avec les chevaux.

* Umwelt : utilisé pour la première fois par le biologiste et philosophe allemand Jacob von Uexküll en 1919 pour parler de l'environnement sensoriel propre à une espèce ou un individu, sa "façon d'être au monde" en quelque sorte.

* Immram : en gaélique signifie "voyage". Ce sont des textes qui racontent le voyage d'un héros dans la mythologie celte. Sorte de "navigation merveilleuse" et surtout initiatique.